Faut-il payer les créateurs de contenu ou leur envoyer le produit ? La réponse dépend de 3 choses : ce que vous voulez obtenir, le contrôle dont vous avez besoin sur le message, et votre budget. Dans la plupart des cas, la bonne réponse n’est ni l’un ni l’autre, mais un dosage des 2. Voici comment je tranche, avec des campagnes menées pour des marques du secteur famille.
La dotation : des retours spontanés, sans garantie
La marque offre le produit, le créateur publie s’il le souhaite et comme il le souhaite. Aucun brief imposé, aucune validation.
Ce que vous y gagnez : des contenus sincères, un coût limité au produit et à l’envoi, et un grand nombre de profils touchés.
Ce que vous n’avez pas : la garantie d’une publication, la maîtrise du message et du calendrier.
À noter : depuis le 1er janvier 2026, un contrat écrit est aussi obligatoire pour une dotation, dès 1 000 € de produits offerts.
Le taux de publication dépend presque entièrement du ciblage. Pour Sassi Junior, les 9 micro-influenceurs parents dotés ont tous publié. Pour Maxi-Cosi, le taux atteint 91 % en 2025. Pour Waterplops, une campagne montée en quelques heures avant les départs en vacances, 84 % des 18 créateurs ont publié, pour 319 000 personnes touchées.
La rémunération : un contenu garanti, un message cadré
La marque paie le créateur pour un contenu défini : format, date, messages clés. Un contrat écrit est obligatoire, dès le 1er euro de rémunération.
Ce que vous y gagnez : une publication certaine, à la date voulue, par des profils à forte audience.
Ce que vous payez en plus du cachet : la négociation, le contrat, le brief, la validation. Et un risque (évitable quand on est bien accompagné) : un contenu trop cadré peut sonner faux. À l’heure où l’audience commence sérieusement à rejeter toute forme de publicité trop « lourde », je cherche toujours à faire créer un contenu rémunéré, certes, mais qui reste dans la ligne éditoriale du créateur. Plusieurs marques l’ont bien compris récemment, WeCasa par exemple qui a rémunéré de nombreux gros profils influents sur Instagram en leur laissant n’afficher le nom et leur service qu’à la toute fin des vidéos. Résultat : on l’écoute jusqu’au bout !
Comparer les 2 sur une même marque
Pour le lancement de Nabè en France, je mène les 2 formules en parallèle :
| Dotation (au 30 juillet 2026) | Rémunération (au 30 juillet 2026) | |
|---|---|---|
| Créateurs | 6 | 2 |
| Dispositif | Envoi d’un lit, sans brief ni validation | Sélection, négociation, brief et contrat |
La dotation a multiplié les prises de parole spontanées. La rémunération en a sécurisé 2, sur lesquelles la marque pouvait compter. Les 2 se complètent.
Quel dosage selon votre budget ?
Budget serré, marque à faire connaître. Tout en dotation, sur des micro-influenceurs très bien ciblés. C’est le choix fait pour Sassi Junior, qui testait le marché français à moindre risque.
Budget intermédiaire, temps fort à réussir. Une base de dotation, quelques contenus achetés à des créateurs UGC, et 2 ou 3 profils rémunérés pour sécuriser la période clé. Pour la rentrée 2025 de Bookinou : 15 influenceurs, 61 contenus, 100 % de publication et un retour sur investissement de 543 % à 1 mois. Le détail de cette stratégie mixte.
Budget plus confortable, notoriété à construire. Des macro-influenceurs rémunérés pour la portée, relayés par des micro-influenceurs dotés pour la crédibilité. Pour Les Sherpas : 14 créateurs, dont 5 macro-influenceuses rémunérées, et 1 million d’impressions.
Ce que le budget ne dit pas
3 réflexes valent quelle que soit la formule :
- Un produit offert reste une collaboration commerciale : le créateur doit l’indiquer clairement.
- Le nombre d’abonnés ne suffit pas. Je vérifie que la communauté est réelle et active avant toute sollicitation.
- Un bilan chiffré ne dit pas tout. Je le complète toujours par une lecture qualitative de ce que les créateurs ont dit du produit.
Questions fréquentes
Une campagne en dotation est-elle gratuite ?
Non. Il faut compter les produits, les envois, et le temps de ciblage et de suivi, qui fait la différence sur le taux de publication.
Combien de créateurs faut-il doter ?
Mieux vaut 10 profils bien choisis que 50 envois au hasard. Sur mes campagnes, un bon ciblage donne 85 à 100 % de publication.
Peut-on imposer un message à un créateur doté ?
Non. Une dotation n’achète pas un contenu : le créateur reste libre de publier ou non, et de dire ce qu’il pense. C’est mon rôle de m’assurer en amont que les messages sont bien compris, j’envoie également une fiche de présentation de la marque, avec ses valeurs et ses mots-clés pour inspiration.
À partir de quand faut-il un contrat ?
Pour une collaboration rémunérée : toujours, dès le 1er euro. Pour une dotation : à partir de 1 000 € de produits offerts par an, depuis le 1er janvier 2026.
Vous hésitez entre les 2 formules pour votre marque ? Parlons de votre projet.

